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2020-08-20

Is Astérix racist?

Email from Becca

From: Rebecca Hill Date: Wed, 19 Aug 2020 18:33:14 -0400 Message-ID: Subject: Asterix in the US? To: George Entenman Content-Type: multipart/alternative; boundary=“0000000000007017bd05ad429713” –0000000000007017bd05ad429713 Content-Type: text/plain; charset=“UTF-8”

https://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/industry-news/comics/article/84130-race-and-representation-relaunching-asterix-in-america.html

Dear Becca,

I read the article by Brigid Alverson and Calvin Reid, which seems to rely heavily on the thoughts of Ronald Wimberly, who described the Asterix comics as blatantly white supremacist.’”

The article doesn’t strike me as terribly convincing. For example, Wimberly says, Even a child knows that the Romans kept all types of slaves and promoted ethnicities of all types to high position, so it’s easy to see that the purpose of making all of the slaves black is a modern, white supremacist device.”

I wonder how he would explain this?

What do Africans think?

I had a hard time searching for African discussions of Asterix. This page says that Astérix est très connu en Afrique du Sud, où toute la série est disponible en anglais et en afrikaans, la langue des premiers colons européens.” Of course these South Africans could all be white.

This page quotes two Senegalese grephic artists as having read Asterix and learned about France in it. No criticism.

Astérix est-il raciste?

The article, Astérix est-il raciste?, strikes me as fairly balanced. It has a video of Lilian Thuram, a very popular soccer player for France, and they say, Lors de l’exposition consacrée à Astérix à la bibliothèque nationale en octobre 2013, Lilian Thuram avait confié son malaise devant le pirate Baba, dont le langage agace.”Je ne m’identifiais pas à lui“, confie l’ancien footballeur, qui préfère évidemment l’intelligent héros Astérix.”

I have trouble understanding what Thuram says because of poor sound quality (to my old ears anyway) and because he says a couple of crucial-sounding phrases very rapidly. So I can’t tell if he feels malaise”. What he seems to be to be saying is that he couldn’t identify with the primary Black character in Asterix, Baba, the pirate, because he couldn’t imagine a Black who couldn’t speak good French! He liked Asterix and Obelix and identified with them because they were always victorious.

I found the video here but it’s barely more intelligible to me.

There is also some good discussion of stereotypes, pointing out that everyone is stereotyped (that’s what cartoons tend to do, after all), and all the stereotypes are so exaggerated that none of them seem true. I think this is essentially correct.

I also don’t find Astérix racist because I can’t think of any truly evil characters anywhere who are not ridiculous and who are not defeated by Asterix and Obelix. They are not to be feared, but enjoyed. Even the bad architect in Astérix et Cleopatre ends up collaborating happily with the good architect (I reread it last night for you).

Is Asterix suitable for children?

Wimberly doesn’t think the comics should be changed either, but he also doesn’t think they are appropriate for children.

How did you feel when I read Astérix to you as a child? I know the part I loved most when I read Astérix et Cleopatre to you was how they showed Obelix’s bad Egyptian accent by drawing crooked hieroglyphics. Did you notice the 4 pages with images of Black Africans with large red lips? I know I didn’t, at least not consciously.

I wonder how Benji would react if I tried to read it to him, providing he would pay attention?

Some references

I haven’t read them all thoroughly….

Attaquer le Menhir

A 4-minute discussion that I have a hard time understanding

Accompanying article

Le nouvel Astérix caracole en tête des ventes, tous livres confondus, depuis 5 semaines. Il marche aussi très bien dans le reste du monde, avec les problèmes de traduction afférents. Et n’échappe pas à l’habituel procès pour racisme. La potion magique a encore frappé ! , s’exclame Le Parisien. Le nouvel album d’Astérix, Le Papyrus de César, sorti le 22 octobre, a fait un démarrage époustouflant : d’emblée à la première place des ventes, il a attiré 600 000 acheteurs dès la première semaine. Le premier jour, la seule Fnac annonçait 20 000 albums vendus.” Et, peut-on vérifier sur le site BDZoom.com , la nouvelle aventure du Gaulois moustachu reste l’indétrônable leader depuis 5 semaines consécutives”. Ce qui place ce 36e album d’ Astérix en très bonne position pour faire aussi bien, sinon mieux que le précédent Astérix chez les Pictes : 2,4 millions d’exemplaires vendus en France et 5 millions dans le monde.”

En grand-breton, Panoramix se dit Getafix Avec on imagine autant de problèmes de traduction, comme l’a constaté Frédéric Potet en rencontrant pour M le Magazine du Monde la Britannique Anthea Bell, 79 ans, seule traductrice au monde à avoir adapté dans sa langue la totalité des 36 albums d’Astérix, avec une liberté littéraire qui pourrait presque lui conférer le statut de coauteure de la série dans sa version anglaise. Son apport le plus notable concerne probablement les noms des personnages. Si Obélix et Astérix ont gardé le leur ( asterisk et obelisk existent en anglais), Anthea Bell a dû rebaptiser quelque 400 protagonistes. Le barde Assurancetourix est ainsi devenu Cacofonix — l’équivalent anglais d’assurance tous risques ( all risk insurance) n’offrant aucun potentiel humoristique. Pour les mêmes raisons, le chien Idéfix a été baptisé Dogmatix outre-Manche, et le chef Abraracourcix à l’embonpoint généreux s’appelle, lui, Vitalstatistix ( vital statistics signifiant notamment mensurations). La trouvaille la plus osée d’Anthea Bell reste toutefois Getafix, le nom anglais donné au druide Panoramix. Dans le langage des consommateurs de drogue, « to get a fix » signifie « avoir sa dose » — de là à considérer les Gaulois « camés » à la potion magique…”

Des scribes numides qui ont du mal à passer Ce n’est en tout cas pas pour incitation à la consommation de stupéfiants que ce 36e album a été attaqué, mais pour sa façon de représenter les Noirs. « Astérix est-il raciste ? » Difficile, assure Charlotte Lazimi dans L’Express , en lisant Le Papyrus de César , de ne pas remarquer « les scribes numides ». « On dit aujourd’hui nègre littéraire” », plaisantent les auteurs en bas de la case qui introduit les personnages. Ces personnages muets et noirs sont dessinés dans la tradition classique néocolonialiste, à la façon de Hergé dans Tintin au Congo . En 2015, on peut s’interroger sur la pertinence d’une telle vision. La polémique n’est pourtant pas nouvelle , rappelle la journaliste. Pour la sortie d’ Astérix chez les Pictes en 2013, le site Outre-mer 1ère s’intéresse déjà au sujet. Un constat : dans l’ensemble de la BD, les hommes noirs ont tous le même physique. La plupart du temps, ce sont des esclaves. Par ailleurs, un héros secondaire de la série, récurrent, le pirate Baba, chargé de guetter les bateaux depuis la hune, est doté d’un énorme accent africain — si l’on en juge par sa façon de ne pas prononcer les « R ». Surtout, il ne sait pas lire. Lors de l’exposition consacrée à Astérix à la bibliothèque nationale en octobre 2013, Lilian Thuram avait confié son malaise devant le pirate Baba, dont le langage agace. « Je ne m’identifiais pas à lui », confie l’ancien footballeur, qui préfère évidemment l’intelligent héros Astérix. Une lecture partagée par la Brigade Anti Négrophobie : « La représentation des noirs est toujours négative. Les jeunes ne peuvent pas se projeter en lisant cette bande dessinée. »

Reprendre ces clichés et les pousser à l’extrême Nicolas Rouvière, maître de conférence à l’université de Grenoble, auteur de trois ouvrages sur le célèbre gaulois, dont Le Complexe d’Obélix, rappelle que ce personnage de Baba est la parodie d’un personnage d’une autre bande dessinée, Le Démon des caraïbes . « Astérix joue sur les stéréotypes, que ce soit au sujet des noirs, des Helvètes, des hispaniques, des Anglais, des juifs, analyse Nicolas Rouvière. C’est une moquerie des représentations à prendre au second degré.Uderzo et Goscinny jouent sur l’image du noir africain jovial. A aucun moment, il n’est question de dévaloriser ou d’humilier. Il n’y a aucun racisme à y voir. » Le principe d’Astérix : reprendre ces clichés et les pousser à l’extrême. « Ils sont ainsi vidés de leur sens. C’est ce qui fait tout le comique de la série », plaide Nicolas Rouvière. Toute l’œuvre de Goscinny se fonde sur cette confrontation entre le rebelle — le Gaulois dans Astérix — ou le sauvage et l’homme socialisé. « Les barbares, les indigènes y sont toujours plus polis et intelligents, moins violents que les hommes dit civilisés. Goscinny inverse volontairement les représentations. » Ce qui interpelle le plus la Brigade Anti Négrophobie, ce n’est pas le physique « grossier » des personnages, issu « d’une longue tradition ». Pour le collectif, le racisme inconscient est plus dangereux. « Nous sommes en droit de nous interroger sur les scribes numides muets” dans Le Papyrus de César, explique un porte-parole du groupe. Dans le récit, l’un deux — du nom de Bigdatha — prend l’initiative de voler le chapitre censuré des mémoires de Jules César. Étrangement, il confie ce manuscrit à un Gaulois, inspiré de Julian Assange. Pourquoi ne serait-il pas lui-même le héros de l’histoire plutôt qu’un personnage secondaire ? Ce processus s’applique aussi au cinéma français. On ne permet pas aux noirs de tenir des premiers rôles. Ils sont toujours des subalternes. » […]

Apologie de la force brute, de la drogue et mépris de la culture.” Michel Serres Ces critiques sont anciennes, mais pas sans risque , rappelle L’Express. En 2011, Michel Serres suscite l’émoi des fans du petit Gaulois en le critiquant sur France Info. Dans une de ses chroniques, le philosophe dénonce « l’apologie de la force brute, de la drogue et le mépris de la culture ». Les Gaulois se défendent grâce à une potion magique aux effets limités dans le temps, qui les rend invincibles. Et le barde Assurancetourix est souvent bâillonné, tant sa musique divise le village. Michel Serres y voit une attaque de la culture et un village accro à la potion magique et forcément violent. Devant la levée de bouclier (arverne…), le philosophe réagit et présente ses excuses. Critiquer le mythe d’Astérix, c’est s’attaquer à un menhir.”

Astérix est-il raciste?

(See pdf/astérix-raciste.pdf.)

Dans Le papyrus de César, dernier album d’Astérix, les Noirs ont la lèvre charnue et l’accent prononcé. Tradition pour les uns, racisme ordinaire pour les autres, la caricature continue à faire débat.

Des lèvres très charnues, un accent qui escamote les R” comme à la grande époque des publicités Y’a bon Banania”: l’album inédit d’Astérix, Le papyrus de César, ne bouleverse pas les habitudes. Les quelques personnages noirs sont identiques à ceux créés il y a cinquante-quatre ans par Uderzo et Goscinny. Une tradition pour les uns, une offense pour les autres.

Difficile, en lisant Le Papyrus de César, dernier opus en date de Jean-Yves Ferry et Didier Conrad, de ne pas remarquer les scribes numides”. On dit aujourd’hui nègre littéraire’”, plaisantent les auteurs en bas de la case qui introduit les personnages. Ces personnages muets et noirs sont dessinés dans la tradition classique néocolonialiste, à la façon de Hergé dans Tintin au Congo. En 2015, on peut s’interroger sur la pertinence d’une telle vision. La polémique n’est pourtant pas nouvelle.

Pour la sortie d’Astérix chez les Pictes en 2013, le site Outre-mer 1ère s’intéresse déjà au sujet. Un constat: dans l’ensemble de la BD, les hommes noirs ont tous le même physique. La plupart du temps, ce sont des esclaves. Par ailleurs, un héros secondaire de la série, récurrent, le pirate Baba, chargé de guetter les bateaux depuis la hune, est doté d’un énorme accent africain - si l’on en juge par sa façon de ne pas prononcer les R”. Surtout, il ne sait pas lire.

Lors de l’exposition consacrée à Astérix à la bibliothèque nationale en octobre 2013, Lilian Thuram avait confié son malaise devant le pirate Baba, dont le langage agace. Je ne m’identifiais pas à lui”, confie l’ancien footballeur, qui préfère évidemment l’intelligent héros Astérix.

Nicolas Rouvière, maître de conférence à l’université de Grenoble, auteur de trois ouvrages sur le célèbre gaulois, dont Le Complexe d’Obélix (PUF 2014), rappelle que ce personnage de Baba est la parodie d’un personnage d’une autre bande dessinée, Le Démon des caraïbes.

Une vision dépassée ?

Astérix joue sur les stéréotypes, que ce soit au sujet des noirs, des Helvètes, des hispaniques, des Anglais, des juifs, analyse Nicolas Rouvière. C’est une moquerie des représentations à prendre au second degré. Uderzo et Goscinny jouent sur l’image du noir africain jovial. A aucun moment, il n’est question de dévaloriser ou d’humilier. Il n’y a aucun racisme à y voir.”

Le principe d’Astérix: reprendre ces clichés et les pousser à l’extrême. Ils sont ainsi vidés de leur sens. C’est ce qui fait tout le comique de la série”, plaide Nicolas Rouvière. Toute l’oeuvre de Goscinny se fonde sur cette confrontation entre le rebelle - le Gaulois dans Astérix- ou le sauvage et l’homme socialisé. Les barbares, les indigènes y sont toujours plus polis et intelligents, moins violents que les hommes dit civilisés. Goscinny inverse volontairement les représentations.”

Le Domaine des Dieux

En 2014, un film d’animation consacré à Astérix est l’objet d’une nouvelle controverse. Sorti en 3D, Le Domaine des Dieux présente sur son affiche un héros noir musclé, vêtu d’une simple peau de léopard et de boucles d’oreille volumineuses. Les réactions ne tardent pas. Les réseaux sociaux s’insurgent. Ils jugent ce portrait raciste et inadmissible. D’autres remarquent que le film n’est doublé que par des acteurs blancs, une hérésie, selon eux. Tout le monde a le droit de réagir. Mais, il faut pouvoir expliquer le contexte, insiste le chercheur. Dans l’ouvrage, le chef des esclaves (représenté sur l’affiche) se libère de l’assujettissement et mène le combat, aidé des héros.”

Astérix, l’apologie de la brute”

Ces critiques sont anciennes, mais pas sans risque. En 2011, Michel Serre suscite l’émoi des fans du petit Gaulois en le critiquant sur France Info. Dans une de ses chroniques, le philosophe dénonce l’apologie de la force brut, de la drogue et le mépris de la culture”. Les Gaulois se défendent grâce à une potion magique aux effets limités dans le temps, qui les rend invincibles. Et le barde Assurancetourix est souvent bâillonné, tant sa musique divise le village. Michel Serre y voit une attaque de la culture et un village accro à la potion magique et forcément violent. Devant la levée de bouclier (arverne…), le philosophe réagit et présente ses excuses.

Critiquer le mythe d’Astérix, c’est s’attaquer à un menhir.

par Charlotte Lazimi, L’Express — 23 octobre 2015

Astérix, Lucky Luke, Gaston Lagaffe … … ce que cachent les BD de notre enfance

Depuis que l’on sait que les Schtroumpfs sont des nazis, communistes et misogynes, nous avons revisité nos classiques. Ou quand on se rend compte que Mickey est un fasciste, Lucky Luke un détraqué sexuel, Astérix un lepéniste, et Gaston Lagaffe un dangereux terroriste de l’ultragauche.

On savait déjà que Tintin était colonialiste et raciste. Mais en publiant Le Petit livre bleu, ce sont nos illusions sur nos amis les Schtroumpfs que le politologue Antoine Buéno a réduites à néant. Loin de n’être que d’innocents lutins en culottes blanches, ces héros de notre enfance apparaissent enfin sous leur vrai jour: celui d’une bande d’utopistes fanatiques à tendance phallocrate, stalinienne et nazie.

Surinterprétation ? Ne soyez pas naïf, c’était sous vos yeux depuis le début.

Du coup, l’envie vient de porter un regard nouveau sur les bandes dessinées qui ont bercé nos jeunes années, au cas où l’on serait passé à côté des doubles sens cachés dans les histoires de Lucky Luke ou de l’oncle Picsou. Et là, c’est le choc.

L’affaire Schtroumpf n’était que la partie émergée de l’iceberg : si on prend le temps de les analyser méthodiquement, on se rend compte que la plupart des BD que nous - et nos chères têtes blondes - avons dévorées devraient être interdites aux moins de 18 ans, voire intégralement censurées. Petit échantillon des plus dangereuses.

Astérix ou le racisme sympa

On a souvent évoqué la dimension satirique des aventures d’Astérix: en somme, les personnages de Goscinny et Uderzo ne seraient qu’une caricature rigolote du Français moyen, présenté comme un être râleur et chauvin, mais au final profondément altruiste et ouvert sur le monde. C’est faire preuve de beaucoup trop d’indulgence face à ce déferlement de clichés racistes à propos de tout ce qui ne ressemble pas de près ou de loin à un Gaulois: dans l’univers d’Astérix, les Anglais sont tous des pisse-froids, les Égyptiens sont fourbes et veules, et les Belges sont pour la plupart des gros beaufs.

Cela dit, pour les deux auteurs, les autres pays nous restent utiles quand il s’agit

de faire du tourisme. Car dans le monde d’Astérix, au fond, on aime bien les étrangers, mais chez eux: la politique d’immigration du petit village gaulois ressemble en effet furieusement à un programme du FN puisqu’aucun personnage extérieur, en 34 épisodes, n’a réussi à s’y installer sur le long terme. Mais de toute façon, qui voudrait vivre au sein de cette micro-société xénophobe, alcoolique et hyperviolente?

Blake et Mortimer: l’œuvre crypto-gay par excellence

Les BD de Blake et Mortimer devraient quitter au plus vite le rayon «enfants» de nos librairies. Car plus encore que dans les aventures de Tintin ou de Spirou et Fantasio, la tension homo-érotique qui parcourt l’œuvre d’Edgar P. Jacobs est palpable à chaque page. Elle s’affiche d’abord de façon éloquente dans l’association des deux personnages principaux: d’un côté, le viril et trapu professeur Mortimer, accro à la pipe et toujours prompt au contact physique avec ses adversaires; de l’autre, l’efféminé capitaine Blake avec sa belle moustache blonde et sa flegmatique élégance.

Ajoutons que ces deux-là vivent ensemble et passent une bonne partie de leur temps dans des tunnels longs, obscurs et humides (Le Mystère de la Grande Pyramide, L’Énigme de l’Atlantide et L’Affaire du collier notamment), et il ne sera guère besoin d’en dire plus. Ah si: à votre avis, pourquoi le nombre de femmes présentes dans la série se compte sur les doigts d’une main? Une coïncidence?

Mickey ou le fascisme à grandes oreilles

Difficile de trouver meilleure incarnation du fascisme cool. A l’inverse de ses potes Dingo ou Donald, Mickey est un être froid et parfait, sans aucun sens de l’humour,

dont le seul moteur dans l’existence est la poursuite implacable des «méchants» (Pat Hibulaire, le Fantôme noir), c’est-à-dire de tous les individus qui ne correspondent pas à son idéal de pureté carrément malsain, voire hitlérien.

Sous couvert de défendre une morale publique qui n’existe que dans son cerveau malade, Mickey est une souris hyper-sécuritaire, qui fut tour à tour détective, flic et même soldat dans certaines bandes dessinées, et d’autant plus flippante qu’elle arbore en permanence le sourire détendu de qui a la conscience tranquille.

Plus grave: y compris dans les épisodes où il n’apparaît que comme simple citoyen, Mickey ne peut pas s’empêcher d’aider le commissaire Finot dans ses enquêtes, alors que personne ne lui a rien demandé. Notons que son obsession hygiéniste quasi- pathologique n’a rien d’étonnant venant d’un personnage créé par un détraqué anti- communiste notoire comme Walt Disney. Et dire qu’on crée des parcs d’attractions à sa gloire.

Lucky Luke, le tireur frustré

Un héros qui «tire plus vite que son ombre», ça ne vous met pas la puce à l’oreille ? Et la présence de tous ces pistolets longs et durs à chaque coin de page, non plus? Il faut être aveugle pour ne pas voir dans le personnage inventé par le Belge Morris un éjaculateur précoce incroyablement complexé qui tente de compenser ses défaillances sexuelles par une consommation frénétique de cigarettes et une obsession toute phallique pour les flingues.

En réalité, qu’elles mettent en scène des affrontements avec Jesse James, Billy the Kid ou les frères Dalton, toutes les aventures de Lucky Luke s’apparentent à une vaste quête freudienne pour savoir qui a la plus grosse. On remarquera que, comme dans le mythe de Sisyphe, cette quête est vouée à l’échec éternel dans le cas des Dalton, puisqu’il a beau les envoyer en prison un épisode sur deux, ils finissent toujours par s’évader: chassez le refoulé, il revient au galop.

Autre élément troublant: chaque fois qu’une femme en veut à la vertu de notre brave cow-boy, il se refuse à elle, préférant développer une stratégie d’évitement qui l’amène à chaque fin d’album à fuir sur son cheval en chantant tristement sa solitude. Une manière de garder secret son handicap intime?

Gaston Lagaffe: une apologie de l’anarcho-terrorisme

Si vous avez toujours considéré Gaston Lagaffe comme un sympathique branleur parfaitement inoffensif, relisez attentivement la série créée par Franquin en 1957. Vous y trouverez une violente apologie de l’activisme d’ultra-gauche le plus forcené. Certes, avec son pull vert, son gros nez et ses espadrilles trouées, Gaston a en effet l’air d’un type sympa. Surtout qu’il aime bien les animaux et passe son temps à mettre au point des inventions plus amusantes les unes que les autres (le Gaffophone, le bilboquet- casque à pointe, etc.).

Mais les apparences sont trompeuses: dans chaque gag, Gaston finit toujours par saborder le travail de ses collègues. Et ce, toujours avec l’excuse sournoise de la «gaffe» involontaire. d’autres! Au fond, ce que cet anarchiste radical de Gaston n’a jamais pu encaisser, c’est cette maudite société capitaliste et ultra-productiviste qui empêche les honnêtes feignants comme lui de profiter du système.

Voir par exemple les épisodes dangereusement subversifs où il s’en prend aux parcmètres qu’il considère comme les instruments totalitaires de l’asservissement de l’individu à l’État. côté de Gaston, Julien Coupat est un petit rigolo.

L’oncle Picsou et l’esprit du capitalisme

L’oncle Picsou, un vieux bougon pas méchant? Ouvrez les yeux: en terme de propagande capitaliste, les BD du canard inventé par Carl Barks battent tous les records. Picsou, dans toutes ses aventures, ne poursuit qu’un seul but: amasser un maximum de pognon, si possible en écrasant la concurrence (Miss Tick, Gripsou, les Rapetou) et en exploitant au maximum Donald, son prolétaire de neveu. Si encore le vieux radin faisait un peu profiter les autres de sa gigantesque fortune! Mais non, ni Donald, ni Riri, ni Fifi, et encore moins Loulou ne touchent jamais le moindre pourcentage des revenus de leur oncle.

En bon calviniste besogneux et ascétique (cf. L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme de Max Weber), Picsou lui-même ne jouit jamais des fruits de son labeur, la seule volupté qu’il s’autorise consistant à plonger quotidiennement dans sa réserve de pièces. Bien sûr, on peut lui trouver des excuses, par exemple en relisant la série La jeunesse de Picsou par Don Rosa sous l’angle bourdieusien: et si tout son parcours n’était motivé que par un immense désir de revanche sociale?

Rappelons que lorsqu’il n’était qu’un enfant issu de la classe populaire, Picsou jura solennellement de compter tous ses sous et de se méfier de tout le monde après s’être fait escroquer par un ami de son père. Sur un plan plus psychanalytique, son amour déçu pour la chanteuse de saloon Goldie peut également expliquer sa cupidité névrotique: un peu comme Lucky Luke, Picsou ne ferait-il qu’investir sa libido frustrée dans une quête infinie, en l’occurrence l’accumulation de richesses?

Bel exemple pour la jeunesse, en tout cas.

par Pierre Ancery, Slate.fr — 8 juin 2011

Ils sont filous ces Roumains” : quand la Gendarmerie parodie Astérix

La Gendarmerie de la Charente a publié un photomontage controversé dimanche 18 octobre avant de le retirer en milieu de journée ce lundi 19 octobre. la suite de l’interpellation de deux individus de nationalité roumaine, la Gendarmerie de Charente a publié sur sa page Facebook un montage des dernières aventures du Gaulois. La publication, accusée de racisme, a été rapidement supprimée.

La Charente: ses vaches de caractère, ses pantoufles de feutre… et son humour. Ce week-end, les 5 600 habitués de la page Facebook de la Gendarmerie de la Charente ont aperçu pendant quelques heures une parodie de la prochaine bande-dessinée d’Astérix, Le Papyrus de César. la suite d’une interpellation à la déchetterie de Brie, le gendarme en charge du réseau social a publié un montage légendé: Si ces Roumains sont filous… ces gendarmes sont rusés!”

Pris en flag”, deux individus de nationalité roumaine ont été arrêtés par des gendarmes à l’affût, après la constatation de plusieurs vols dans les bennes de matériels à recycler. Pour saluer leur prise, les gardes mobiles ont posté un clin d’œil pour la sortie du nouvel album d’Astérix”. Mais l’humour des bleus n’est pas au goût de tous, et la publication a été supprimée en début d’après-midi ce lundi. Plusieurs utilisateurs ont ainsi dénoncé le racisme” et la stigmatisation” du montage.

Une page Facebook pleine d’humour”

La blague peut suprendre, publiée entre la liste des pharmacies de garde et la démonstration des équipes cynophiles d’Angoulême… Pourtant, La Charente Libre rappelle que la page Facebook de la Gendarmerie, créée au mois de juillet, est souvent caustique et pleine d’humour”. En remplaçant Goscinny par Peloton de surveillance et d’intervention d’Angoulême”, et Uderzo par Brigade d’Angoulême”, les gendarmes de Charente ne pensaient sûrement pas qu’ils choqueraient certains journalistes et utilisateurs.

L’humour n’est pas là depuis toujours, écrit Milan Kundera, il n’est pas là pour toujours non plus. Le cœur serré, je pense au jour où Panurge ne fera plus rire.” Pour ceux qui voudraient encore s’amuser, la publication a été supprimée. Circulez, y a rien à voir..

par Pierre Adrian,(Le Figaro — lundi 19 octobre 2015

Tintin, Astérix, les Schtroumpfs : tous fachos?

Tintin, Astérix, les Schtroumpfs : tous fachos? Marie Bach 3-4 minutes

On savait déjà Tintin raciste. L’affaire se trouve entre les mains de la justice, qui jugera s’il faut ou non censurer Tintin au Congo. Ce que l’on soupçonnait moins, c’est que les Schtroumpfs étaient nazis, et qu’Astérix et Obélix, sous leurs dehors sympathiques, propageaient insidieusement une idéologie fasciste.

Ces procès à charge, qui écornent nos icônes enfantines, se multiplient. Le dernier en date a été intenté par le philosophe Michel Serres. Alors que lui-même, dans le passé, fut l’un des plus vibrants défenseurs de Tintin — petit frère selon lui des anthropologues antiracistes comme Marcel Mauss –, il s’est soudain attaqué à Astérix dans une chronique sur France Info. Son argumentation tient en trois points : Astérix, c’est l’apologie de la force brute, puisqu’il préfère le coup de poing au droit ; c’est l’apologie de la drogue, en l’occurrence la potion magique ; c’est enfin le mépris de la culture, puisque le barde Assurancetourix finit irrémédiablement bâillonné et pendu à un arbre.

Cette saillie contre les irréductibles Gaulois a provoqué un pugilat. Les auditeurs de France Info ont sommé M. Serres de s’excuser, ce qu’il a fait. Du côté des chercheurs, le politologue Damien Boon accuse le philosophe de nier « le style même » de la bande dessinée et son second degré. Et souligne que le barde est bâillonné non parce qu’il chante… mais parce qu’il « chante faux » (1). Le racisme des petits hommes bleus

Il y a quelques mois, c’est l’écrivain Antoine Buéno qui tirait à boulets rouges sur les Schtroumpfs (2). Ses arguments étaient si nombreux qu’ils finissaient par s’autodétruire. Les Schtroumpfs noirs montrerait le racisme des petits hommes bleus : piqués par une mouche, ils deviennent noirs, perdent toute intelligence, font « gnap gnap » en sautant et finissent par se manger les uns les autres. La BD serait également misogyne, la blonde Schtroumpfette semant « la zizanie ». Elle serait aussi antisémite, Gargamel ayant un nez crochu et un chat nommé Azraël. Communiste, si l’on en juge par la ressemblance entre le Grand Schtroumpf et le petit frère des peuples…

La chasse aux sorcières est donc ouverte. Une chose est sûre, elle permet à des auteurs de s’offrir un coup de pub à peu de frais. À quand le procès de Spirou ?

NOTES

  1. Tribune publiée sur le site des Inrockuptibles : http://blogs.lesinrocks.com
  2. Antoine Buéno, Le Petit Livre bleu. Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011.

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